Gérer durablement l'eau et la forêt
La gestion durable est une approche visant à utiliser et à préserver les ressources naturelles de manière à maintenir leur disponibilité pour les générations futures. Elle intègre des considérations écologiques, économiques et sociales dans la planification et la mise en œuvre.
Le principe
Il tient en une règle : ne pas prélever davantage que ce que la ressource régénère, et ne pas rejeter davantage que ce que le milieu absorbe.
Cette règle, simple à énoncer, suppose de savoir mesurer la régénération et la capacité d'absorption, ce qui est le véritable enjeu technique de la gestion durable.
La gestion durable de l'eau
Elle implique une utilisation rationnelle et économe de la ressource : réduction du gaspillage, réutilisation des eaux traitées, et protection des sources contre la pollution.
En France, elle s'organise par bassin versant, avec des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux, et des schémas locaux à l'échelle des sous-bassins. Les agences de l'eau collectent des redevances et financent les travaux selon le principe pollueur-payeur.
La préservation des écosystèmes aquatiques est essentielle au maintien de la biodiversité et des services rendus : les zones humides, les rivières et les lacs doivent être protégés et, lorsque c'est nécessaire, restaurés.
Les zones humides méritent une mention particulière : elles stockent l'eau, écrêtent les crues, filtrent les pollutions et abritent une biodiversité considérable. La majeure partie de leur surface a disparu en un siècle, et leur restauration est aujourd'hui l'une des actions les plus rentables du point de vue des services rendus.
Les tensions sur la ressource
Le changement climatique modifie la disponibilité de l'eau : étiages plus longs, précipitations plus irrégulières, recharge des nappes moins efficace.
Les usages entrent alors en concurrence, eau potable, irrigation, industrie, refroidissement des centrales, navigation, milieux naturels, et les arbitrages relèvent de la puissance publique, avec des restrictions saisonnières désormais fréquentes.
Les leviers d'économie les plus efficaces se situent, selon les territoires, dans la réduction des fuites des réseaux d'eau potable, dans l'adaptation des cultures et des techniques d'irrigation, et dans la réutilisation des eaux usées traitées.
La gestion durable des forêts

Une exploitation forestière durable repose sur la coupe sélective, la régénération et le reboisement. Elle permet de préserver la biodiversité, de maintenir la santé des peuplements et de soutenir la filière bois.
La forêt française s'accroît en surface depuis un siècle et demi, et le prélèvement annuel y reste inférieur à l'accroissement biologique, situation qui distingue nettement l'Europe des régions tropicales.
La conservation de la biodiversité passe par les aires protégées, les corridors écologiques, le maintien d'arbres morts et d'îlots de sénescence, et la diversité des essences.
Les outils et certifications
En France, les forêts publiques relèvent d'un régime forestier avec plan d'aménagement ; les forêts privées de plus d'une certaine surface doivent disposer d'un plan simple de gestion agréé.
Deux certifications internationales attestent d'une gestion durable : le FSC et le PEFC, dont les référentiels et les modes de contrôle diffèrent. Elles permettent la traçabilité du bois jusqu'au produit fini.
Le règlement européen sur la déforestation impose par ailleurs aux importateurs de plusieurs matières premières de démontrer que leurs produits ne proviennent pas de terres déboisées après une date de référence.
Les limites du concept
Deux critiques récurrentes méritent d'être mentionnées.
La première porte sur la mesure : ce qui n'est pas quantifié, services écosystémiques, valeurs culturelles, effets à long terme, tend à être ignoré dans les arbitrages.
La seconde porte sur l'échelle : une gestion durable localement peut s'accompagner d'un déplacement du prélèvement ailleurs, notamment par l'importation. Une évaluation honnête tient compte de l'empreinte importée.

